Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Le code de la route au cinéma

Le code de la route au cinéma

Le road movie fait de la route un lieu d’expérimentations où la liberté règne à travers la culture et l’imaginaire américain.

Bien que le cinéma et l’automobile existaient depuis la fin du 19e siècle, le road movie est un genre cinématographique qui a mis du temps à prendre ses marques. Ne disposant d’aucune traduction française – il faut l’avouer « film de route » c’est relativement laid – ce terme anglais renvoie à une spécificité typiquement américaine.

Apparu en 1934 dans New York Miami de Franck Capra, ce n’est réellement qu’à la fin des années 60 que le road movie se fait connaître du grand public avec  Easy Rider de Dennis Hopper (1969). Fruit d’une idéologie contestataire, le périple routier au cinéma profite de cette période non-conformiste pour s’identifier aux jeunes.

La route, un fil conducteur

La route fait office de fil conducteur de l’histoire. Le voyage est donc un des éléments principaux du road movie et tient une place presque aussi importante que les personnages. Le héros est souvent un rebelle. Un rebelle contestataire qui demeure positif et croit encore à quelque chose, ou un rebelle «  loser  » qui lui ne se fait plus d’illusions sur la vie ni sur autrui. Le film est découpé en épisodes : les héros s’arrêtent à un endroit, rencontrent les habitants, doivent souvent faire face à un défi, puis reprennent la route. Il ne s’agit pas simplement de partir d’un point A pour arriver à un point B, le voyage n’est pas seulement géographique et physique mais temporel et mental. Il s’agit d’une quête de sens, d’un voyage initiatique.

Dans son livre Le héros au mille et un visages, Joseph Campbell résume parfaitement les étapes du voyage du héros dans le road movie :
– L’appel à l’aventure, que le héros accepte ou refuse dans un premier temps ;
– Une série d’épreuves ;
– Un objectif atteint, donnant au héros un nouveau savoir ;
– Le retour dans le monde ordinaire ;
– L’utilisation du savoir acquis pour améliorer le monde.

Bien sûr tous les road movies n’ont pas forcément de fins heureuses mais se chercher soi-même peut exclure l’idée du happy-end qui suppose que l’on a tout compris, que l’on a tué les méchants, qu’ils se marièrent et vécurent heureux.

Jean Baptiste Thoret et Bertrand Benoliel ajoutent dans leur livre Road Movie, USA que « le roadrunner est poussé à prendre la route pour combler un manque, pour échapper à une frustration et ce qu’il découvre in fine c’est qu’il n’existe pas un ailleurs où ses plaies seraient miraculeusement guéries. Il revient au point de départ géographique mais il a avancé dans son rapport à la société, au monde, à l’existence. Le road movie est donc d’abord un itinéraire mental, la recherche d’un “espace utopique situé au fond de soi. »

© Droit Réservé

L’importance du rôle de la musique

Les routes symbolisent la liberté, l’insoumission, permettent de faire de nouvelles rencontres et bien sûr, de voir du pays. Elles sont en totale contradiction avec la monotonie du quotidien, où l’improvisation règne d’une main de maître.

Le genre a des atouts qui lui sont propres. Ses films sont magnifiés par des paysages grandioses où cette culture du moi sauvage est agrémentée d’une musique au rôle des plus importants. Le compositeur allemand, Hans Zimmer, en est l’exemple vivant avec sa bande originale du film Thelma et Louise de Ridley Scott (1991). La fonction expressive de la musique confère au film un pouvoir émotionnel sur le spectateur.

Quant à l’automobile qui représente une liberté individuelle, elle s’est vue rapidement imposer des limites par l’État. La fonction du road movie est de réaffirmer le rôle de l’automobile comme symbole de liberté car c’est avant tout une aventure humaine, visitant le labyrinthe de nos émotions et de nos contradictions.

Gianni Castillo