Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Les cinémas des Indes

Les cinémas des Indes

Cette année, le cinéma indien fête ses cent printemps. De Bollywood à un cinéma plus engagé, tour d’horizon de la production cinématographique la plus importante au monde avec près de neuf cent films réalisés chaque année…

Bollywood : un soupçon de “Bombay” et une bonne dose de “Hollywood”

Lorsque l’on vous dit « cinéma indien », vous répondez bien évidemment BOLLYWOOD ! Bollywood c’est ce genre cinématographique coloré, joyeux, dansant, chantant et familier du “happy ending”. Un bon Bollywood qui se respecte dure près de trois heures et “mélange” divers éléments essentiels : musique, scènes d’action, de danse et de chant, histoires d’amour… ce qui lui vaut le surnom de cinéma “masala” faisant référence au mélange d’épices indiennes.

Un peu kitsch sur les bords et parfois qualifiés de “simplistes”, les films bollywoodiens représentent le cinéma populaire indien : ils rendent compte des valeurs chères à l’Inde, la famille, la religion et les traditions, tout en divertissant le pays.
Parmi les incontournables du genre, la crème de la crème bollywoodienne, on peut citer : Dilwale Dulhania Le Jayenge (1995) de Aditya Chopra et Mohabbatein (2000) du même réalisateur ou encore Devdas (2002) de Sanjay Leela Bhansali, qui est l’adaptation du Cercle des poètes disparus. Et puis il y a aussi des réalisations britanniques ou américaines dont le scénario est occidentalisé, comme Coup de foudre à Bollywood (2004) et Joue-la comme Beckham (2002) de la réalisatrice Gurinder Chadha.

Pas “un” mais “des” cinémas indiens

Tourné en langue hindi (l’une des vingt-deux langues officiellement reconnues par la constitution de l’Inde), le cinéma “made in Bollywood” a toutefois ses limites. Il n’est pas représentatif de l’ensemble de la culture indienne, et derrière les cascades de couleurs et de danses se cache un pays complexe aux problématiques politiques et sociales diverses et profondes.

L’Inde, pays divisé en vingt-huit États et sept territoires, est le reflet même du mutliculturalisme. L’avènement du film parlant en 1931 révèle l’émergence de plusieurs cinémas, chacun inspiré d’une culture, d’une langue et d’une tradition. On reprend alors la combinaison de mots utilisée pour “Bollywood” en l’adaptant aux différentes langues. Ce qui donne “Kollywood” pour désigner le cinéma tamoul, “Tollywood” pour le cinéma bengali et tégoulou ou encore “Mollywood” pour le malayalâm…

Un cinéma régional donc, qui révèle des cinéastes comme Govindan Aravindan ou Adoor Gopalakrishnan dont la plupart des films sont tournés en langue malayâlam. Dans Vidheyan, Adoor Gopalakrishnan présente, par exemple, une situation aux antipodes des scénarios bollywoodiens : celle de la relation maître-esclave dans l’état du Karnataka (Sud de l’Inde).

Le cinéma d’art et d’essai redore le blason du cinéma indien

mother india

image extraite du film Mother India de Mehbook Khan

En 1957, Mehbook Khan réalise Mother India et révèle une autre facette de l’Inde : celle d’un pays qui, au lendemain de son indépendance, désire construire une nouvelle nation.  Awara de Raj Kapoor (1951), Deux hectares de terre de Bimal Roy (1953)… tant de films qui associent divertissement et message social.

image extraite du film Pather Panchali de Satyajit Ray

image extraite du film Pather Panchali de Satyajit Ray

En 1974, Shyam Benegal réalise Ankur qui appartient au genre art et essai indien, comme beaucoup d’autres films bengalis. On retrouve alors un cinéma plus engagé et plus réaliste avec par exemple Pather Panchali de Satyajit Ray mais aussi Subarnarekha (1956) de Ritiwick Ghatak. Le Miroir de l’illusion de Kumar Shahani (1972) viendra d’ailleurs marquer la naissance d’un nouveau cinéma.

Le cinéma expérimental indien

En Inde aussi on expérimente ! Ayisha Abraham, Ashish Avikunthak, Debkamal Ganguly… Tous sont des réalisateurs en marge de Bollywood. Avec leur regard et leur méthode uniques, ils donnent au cinéma indien une toute autre dimension.

Ainsi, avec Straight 8, a short experimental film, Ayisha Abraham reprend des films d’amateurs tournés dans les années 1950 à Bangladore. Un film empreint d’une dimension artistique, esthétique et sociologique qui l’ancre profondément dans le cinéma expérimental.

Debkamal Ganguly, quant à lui, partage sa fascination pour le numérique et le tactile avec Space Bar, et permet de vivre l’espace et le voyage différemment. Nous découvrons l’Inde de manière improbable et abstraite via une succession d’éléments déroutants.

Au bout du compte, le cinéma indien est à l’image du pays qui l’a vu naître : il est représentatif d’un mélange ethnique, culturel, religieux et linguistique. Un cinéma complexe donc, avec ses multiples facettes, qui rend compte de la grandeur et de la richesse… des Indes.

Dates clés du cinéma indien

Dates Clés

Clémence Tixier-Purorge