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[The Lunchbox] Portrait d’une femme prenant goût au dialogue

[The Lunchbox] Portrait d’une femme prenant goût au dialogue

The Lunchbox , film d’ouverture du Festival donne faim  ! Ila Singh -le personnage principal-, jeune femme renfermée prend goût à la vie dans sa cuisine. Portrait, pour le plaisir de nos papilles…

Sa vie se résume à peu de chose. Pourtant, Ila Singh est une trentenaire au fort potentiel. Bonne cuisinière, elle est écrasée par sa situation de femme au foyer. Trop investi dans son travail mais pas assez dans sa relation, son mari, Rajiv, la soumet sans s’en apercevoir au silence et à l’isolement. «  Ce matin, il est parti au travail et ma fille à l’école. Et j’ai cuisiné », raconte-t-elle.

A la maison, elle tient son rôle parfaitement  : de la toilette de sa fille aux lessives, Ila n’a jamais de temps pour elle.
Véritable ménagère, elle est  surtout obsédée par la cuisine. Ça, la cuisine, elle aime. Plus que son mari qui, chaque jour, ne mange rien de la lunchbox pourtant préparée avec soins. Ila tente tout. Les plats préférés, curry, tandoori et autres recettes entendues à la radio. Tout.

Mais rien n’y fait, Rajiv ne mange toujours pas ce qu’il reçoit chaque jour au travail.

«  De la magie dans les mains  »

Mais parfois, le hasard fait bien les choses. Le jour où la lunchbox portée par le dabbawallah, le livreur, n’arrive pas sur le bon bureau, la vie d’Ila change entièrement. Pour la première fois, la lunchbox revient totalement vidée. Saajan, veuf, solitaire et associable, proche de la retraite, reçoit par erreur chaque jour la lunchbox mitonnée par Ila. Aussitôt, il tombe amoureux des plats de cette inconnue. Et il n’est pas le seul. «  Je goûtais à la nourriture rien qu’en la sentant… elle a de la magie dans les mains  !  » prétend un collègue de bureau.

Le goût du dialogue

Par la nourriture, Ila retrouve le goût du dialogue. Le dialogue avec sa voisine, Aunty Deshpande, prête à lui donner des conseils de séduction. Et avec Saajan, l’échange est nourri jour après jour par le biais de petits mots enfermés dans la boîte du déjeuner. C’est d’abord de cuisine que les deux nouveaux amis parlent. Ila apprécie, même si les quelques phrases sont parfois bien banales  : «  Chère Ila. La nourriture était très salée aujourd’hui  », écrit une fois Saajan. Une autre fois  : «  Chère Ila, c’était peut-être un peu pimenté… mais j’ai mangé deux bananes en dessert, elles ont éteint le feu.  » Ces petits reproches du quotidien suffisent à Ila pour tenter de s’améliorer, et commencer à livrer des phases de sa vie. Chacun apprend de l’autre à travers la lunchbox. Des instants de vie, des confidences, jusqu’aux plus intimes. Très vite s’installe une véritable relation. Ila goûte à l’interdit, parle jusqu’à la sensation de trahir son mari.

Une femme rongée, qui se fixe des limites. Voilà ce qu’est Ila. La jeune femme souhaite rencontrer Sajaan, renforcer la relation sans même savoir qui est vraiment cet homme. Mais enfermée dans sa cuisine, elle aura beaucoup de mal à croquer la vie à pleines dents.

Jeanne Hutin

[A écouter] –  Chronique de Iglika Stankova  – Bandes-son des films indiens

« Les bandes-son, fortement inspirées par l’Occident notamment par le jazz et le rock, s’éloignent peu à peu de la musique traditionnelle indienne…»