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Chronique : À la croisée des chemins

Chronique  : À la croisée des chemins

Tous les jours un réalisateur, invité sur Le Festival des 3 Continents, évoque les éléments clés de sa carrière. Au travers d’un court entretien, les cinéastes dévoilent les rencontres et films qui ont changé leur vision du cinéma. En somme, leur croisée des chemins.

Rencontre avec Koji Fukada, réalisateur japonais d’Au revoir l’été, film de la sélection officielle.


Quelle est LA rencontre qui a changé votre façon de faire du cinéma ?

Je ne l’ai pas rencontré, mais j’admire sincèrement Eric Rohmer. C’est son travail qui a provoqué ma rencontre avec le cinéma. Le film Les enfants du paradis, de Marcel Carné, a également façonné mon regard de réalisateur. Je l’ai vu au collège, et ce fut une révélation.

Votre film, scène ou phrase culte   ?

La dernière scène du film d’Eric Rohmer  : Le rayon vert. Je vais un peu révéler la fin. En fait, c’est l’histoire d’une jeune fille qui se retrouve seule pendant ses vacances d’été. Le film décrit cette solitude. Un jour quelqu’un lui raconte que lorsque le soleil décline la lumière devient, un bref instant, verte. Assister à cela est un présage de bonheur futur. Je trouve cette scène extrêmement contemporaine. Eric Rohmer réinvente le happy end  : dans un happy end classique le héros obtient le bonheur grâce à un effort fourni. Ici, l’héroïne ne fait rien de particulier pour atteindre la plénitude. Cette approche fortuite du bonheur j’essaie de l’intégrer dans tous mes films.

Y a t-il des réalisateurs qui influencent votre travail   ?

Français, espagnols, italiens, japonais ou même allemands, je suis sensible à tous les films, quelque soit leur nationalité. Finalement, ce que je peux dire, c’est qu’il y a des réalisateurs dont on aime les productions et d’autres dont on apprécie particulièrement la façon de travailler. Je trouve qu’il y a une différence. Donc d’un point de vue professionnel, il y a deux réalisateurs qui ont une incidence sur mes réalisations  : Eric Rohmer, bien sûr, et Mikio Naruse (cinéaste japonais). Quand je tourne un film je réfléchis systématiquement à ce qu’ils auraient fait.

Céline Gardet

Angéline Davy – Photographe

[A lire] Critique Cinématographique Au revoir l’étéL’été de toutes les révélations de Céline Gardet

« Il y a le ciel, le soleil et la mer…  » Au revoir l’été de Koji Fukada résonne comme la chanson de François Deguelt. A la lisière entre un film de vacances et une tentative de peinture sociale du Japon, l’été de Fukada garde la chaleur de la saison mais aussi sa profonde légèreté… »