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[Charlotte Garson]

[Charlotte Garson]

Charlotte Garson, programmatrice pour le Festival des 3 Continents, critique pour les Cahiers du Cinéma et la revue Études, n’a rien d’une cinéphile élitiste et intello. Avec l’équipe du festival, elle rêve « d’un Gravity des 3 Continents  ».

 Comment s’effectue la sélection des films  ?

Je m’occupe uniquement des films en compétition et de la sélection officielle, soit une vingtaine de films. Avec Jérôme Baron, on travaille à la fois en allant dans des festivals mais également en épluchant les catalogues de ceux dans lesquels nous n’allons pas. Il y a aussi des films que l’on reçoit directement. Le travail de programmation demande à s’intéresser aux films en amont, en allant voir les sections des festivals qui s’appellent «  en construction  » ou « post-production  », c’est-à-dire des choses qui sont presque montrables. Et puis il y a beaucoup de films que l’on choisit lors des deux derniers mois, puisque la section compétition demande que ce soit une première – du moins en France. En fait, on consacre beaucoup de temps à voir des films.

 Vous aimez tous les films que vous sélectionnez ou il y a des passages obligés ?

Non, il n’y a pas de passages obligés et pour plusieurs raisons. D’abord, nous sommes une équipe jeune et dynamique et il n’y a pas d’allégeance à un grand maître ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas du tout un festival diplomatique. Et plus particulièrement dans mon cas, cela me demande un effort de côtoyer des réalisateurs. Un film, c’est avant tout un objet que je mets en face de moi et que j’analyse. La question de respecter telle ou telle personne ne se pose pas vraiment. On ne laisse jamais de carte blanche à qui que ce soit par exemple.

 Il s’agit toujours de films coups de cœur  ?

Coups de cœur, oui, mais pas seulement. Nous ne sommes pas toujours dans l’éloge. On peut tout à fait émettre des réserves. L’important, c’est qu’il y ait quelque chose à montrer, quelque chose qui nous ait touché.

Est-ce qu’il vous arrive de rééquilibrer d’une année sur l’autre en fonction des pays  ?

Ah non  ! Surtout pas  ! On ne fait pas de saupoudrage dans la sélection  : «  Je prendrais bien un peu de mexicain par là, un philippin ici  » (rires)  ! Sur l’équilibre des pays et des continents, il y a une chose qui est indépendante de notre volonté : le très faible nombre de films venant d’Afrique, pour des raisons purement économiques ou politiques. Ça se traduit forcément dans la sélection. On constate un déséquilibre en faveur de l’Asie, mais c’est un continent tellement divers  ! Entre un film chinois, un film indien et un film philippin, on est dans des univers complètement différents. Par contre, les programmations parallèles sont l’occasion de voir des choses qu’on voit très rarement, mais aussi un moyen éventuel de rééquilibrer l’ensemble.

Qu’est-ce que vous répondez aux gens qui disent que le festival est trop intello ?

Je pense que si on était en porte-à-faux vis-à-vis du public, il y aurait besoin d’une transformation assez radicale. Mais ni moi ni Jérôme ne le sentons dans les salles. Par ailleurs, le jury et le public ont récompensé le même film l’an dernier. C’est vrai qu’on a plutôt tendance à montrer ce que les gens appellent des «  films de festivals  », mais c’est un peu indépendant de notre volonté. Pourtant, on rêve de trouver notre Gravity des 3 Continents. On aime le cinéma populaire, les films de genre, les films qui ont du succès… et les comédies  ! Faites-nous des comédies (rires) !

 

Théodore Mareschal

Louise Leclerc – Photographe