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Chronique  : À la croisée des chemins

Chronique  : À la croisée des chemins

Tous les jours un réalisateur, invité sur le Festival des 3 Continents, évoque les éléments clés de sa carrière. Au travers d’un court entretien, les cinéastes dévoilent les rencontres et films qui ont changé leur vision du cinéma. En somme, leur croisée des chemins.

 Rencontre avec Benham Behzadi, réalisateur iranien de Bending the rules, film de la sélection officielle.

 Quelle est LA rencontre qui a changé votre façon de faire du cinéma  ?

 Mon cinéma et ma réalisation se transforment au gré de toutes les rencontres que je peux faire. Il n’y a pas une personne en particulier. Ce sont les expériences, les gens en général, les événements artistiques auxquels j’assiste, qui font évoluer ma vision de mon travail. Vous savez, sur un tournage on se confronte toujours au hasard, aux imprévus, aux accidents tout cela donne la couleur d’un film. J’ai plus de vingt films à mon actif et ils sont tous différents car ils sont le fruit de ces rencontres fortuites, de ces hasards, d’un contexte.

 Votre film, scène ou phrase culte  ?

 Je ne suis pas de cette génération qui a grandi avec cette cinéphilie ambiante. En Iran, lorsque j’étais plus jeune, nous n’avions pas accès aux vieux films ou même aux contemporains. Quand la situation s’est améliorée dans mon pays, nous avons d’un seul coup pu voir tous ces films. Une telle avalanche, que cette notion de « culte » ne m’est pas familière.

Y a t-il des réalisateurs qui influencent votre travail  ?

Je ne peux pas vraiment vous donner de nom. Bien sûr, Abbas Kiarostami est une figure emblématique du cinéma iranien, grâce à lui les films de mon pays ont pu être connus du grand public. Mais il y a tant de bons réalisateurs en Iran et à travers le monde. Les raisons pour lesquelles j’ai voulu faire du cinéma sont étrangères à un homme ou un réalisateur, c’est plus le fruit d’un contexte. Quand j’étais petit, je vivais dans une petite ville d’Iran. Là-bas, ce ne sont pas les stimulations culturelles ou sportives qui faisaient avancer les jeunes mais le devoir de réussite. Les perspectives d’avenir étaient toutes tracées, on sortait de la ville soit pour être médecin soit pour être ingénieur, et au final on devait revenir pour exercer. Le cinéma c’était ma porte de sortie. Dès que j’ai découvert la photographie, les films en super 8, cela a élargi mon horizon d’avenir.

Céline Gardet

Angéline Davy – Photographe

[ A lire ] Critique cinématographique de Bending thé rules – Chronique d’une émancipation iranienne par François Boulard

« Bending the rules, écrit et réalisé par Behnam Behzadi, retrace les derniers préparatifs d’une jeune troupe de théâtre. Cette dernière s’apprête à voyager pour présenter une de ses pièces lors d’un festival à l’étranger… »