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Pellicule : la dernière séance ?

Pellicule : la dernière séance ?

Clément Papot, 28 ans, travaille depuis février 2013 pour le cinéma nantais Cinématographe. Assistant monteur pendant six ans sur Paris, il a fait une école d’audiovisuelle à Nantes durant deux ans en se spécialisant sur la technique du montage. Preview a voulu en savoir plus sur ce métier en voie de disparition.

Combien de films sont fournis par le Festival des 3 Continents au Cinématographe, numérique et pellicule compris ?

Pendant la semaine du festival, on reçoit une moyenne de 25 à 26 films à diffuser. Cette année, c’est la première fois que l’on passe autant de films en numérique, principalement grâce à la sélection chinoise. Sur 22 films proposés par le Cinématographe c’est la parfaite égalité, puisque l’on a onze films en numérique et onze en pellicule. Contrairement à l’année dernière, où nous n’avions seulement qu’un long-métrage en version numérique.

Un tel changement peut faire peur lorsque l’on sait que le numérique n’est pas le meilleur ami du projectionniste ?

(Rires). Il y a du bon et du moins bon. Mais il est évident que ça facilite grandement les choses pour nous. On a beaucoup de moins de copies à se trimbaler entre les cinémas et c’est vraiment plus simple niveau logistique. Après, la question de la qualité de l’image revient en permanence dans le débat. Personnellement, je préfère le grain de la pellicule, mais je dois admettre que certains films restaurés numériquement sont vraiment très jolis.

Pensez-vous que le public voit les choses  comme vous ?

Il y a un public averti qui est toujours demandeur de pellicule, mais pour le reste, je pense que beaucoup ne voient pas la différence entre les deux versions. Maintenant que le numérique est partout, certains ont du mal à revenir à la pellicule. On a perdu l’habitude de voir des rayures, un peu de colle et ce genre de défauts mineurs.

On imagine que la qualité des copies proposées par le Festival des 3 Continents varie régulièrement ?

Il y a un peu de tout. On a de la pellicule très difficile lorsque l’on touche à des films très vieux, mal conservés. Ce sont des projections dites « à risque », car le film peut facilement casser pendant la séance. C’est très rare, mais cela peut arriver. Bien sûr, on trouve aussi d’excellentes copies, d’une qualité remarquable. Pendant le Festival des 3 Continents, on jongle donc souvent entre le médiocre et le formidable.

 Le travail sur les copies altérées doit être considérable.

Comme le Cinématographe passe beaucoup de films du Festival des 3 Continents, on fait très attention à la pellicule. On restaure au maximum avant chaque séance. Il y a des films qui demandent vraiment beaucoup de boulot.

Le numérique n’est-il pas un moyen efficace de faire découvrir des films méconnus au grand public ?

Pour le moment, je n’ai pas l’impression. Il faut savoir que la création d’un film numérique nécessite tout un processus qui est loin d’être simple. Même si cela revient moins cher que la création d’un film sur pellicule, cela demande tout de même de la main d’œuvre, des outils et des connaissances qui ne sont pas forcément évidentes à dénicher.

Pour ce qui est de la conservation des films au Cinématographe, vous avez des consignes à respecter en fonction de l’importance du film ?

Lorsque l’on reçoit des consignes pour les bobines, elles proviennent la plupart du temps des instituts, comme la Cinémathèque par exemple. Pour ces films qui sont le plus souvent diffusés pour les festivals, on nous demande de porter des gants pour les monter et de faire attention aux amorces qui protègent les extrémités de chaque bobine. Au final, c’est un cas de figure qui se présente rarement, même avec le Festival des 3 Continents.

Adrien Léger

 Angéline Davy – Photographe