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Chronique  : A la croisée des chemins

Chronique   : A la croisée des chemins

Tous les jours un réalisateur, invité sur Le Festival des 3 Continents, évoque les éléments clés de sa carrière. A travers un court entretien, les cinéastes dévoilent les rencontres et films qui ont changé leur vision du cinéma. En somme, leur croisée des chemins.

Rencontre avec Wang Bing, réalisateur chinois du film en sélection officielle,
‘Til madness do us part.

Quelle est LA rencontre qui a changé votre façon de faire du cinéma ?

Ce n’est pas vraiment une rencontre mais une période de ma vie qui a transformé mon regard de réalisateur. Il y a deux ans je suis tombé malade durant le tournage de Three sisters, dans le sud de la Chine. J’ai eu le mal des montagnes, pendant un an j’ai été forcé de me reposer, une convalescence qui m’a beaucoup fait réfléchir sur mes films. Au début de ma carrière, je réalisais des films à petit budget et tournais avec seulement un opérateur, ou parfois même totalement seul. Cela produisait des films simples mais extrêmement efficaces.

Durant mon repos, j’ai décidé que mes films retrouveraient cette simplicité. Je voulais revenir à l’essence de mon cinéma. Quand on tourne dans des conditions simples, cela donne un film bien plus naturel. En revanche, lorsqu’on est pris dans le tourbillon d’un film à gros budget, on perd en liberté et en énergie. Finalement, à l’écran, transparait mon état d’esprit : calme et libre.

Votre film, scène ou phrase culte ?

C’est extrêmement difficile pour moi de ne choisir qu’un film ou qu’un élément précis. J’en ai tellement vu, il y en a tant de bons. J’aurais l’impression d’être injuste si je n’en mettais qu’un seul en avant. Vous savez le contexte, le moment où vous visionnez un film est fondamental dans la perception qu’on en retire. Selon l’instant, un film peut devenir intéressant et beau, tout dépend de notre sensibilité.

Y a t-il des réalisateurs qui influencent votre travail ?

Je n’ai jamais travaillé pour quelqu’un d’autre que moi-même. Bien entendu j’ai étudié le cinéma à l’école, un apprentissage intensif sur toute la théorie cinématographique. J’en ai un peu soupé de la théorie et finalement la pratique, je l’ai apprise à force de tourner, au début entre amis, et de plus en plus de façon autodidacte et solitaire. Vous voyez, pour moi, être réalisateur ce n’est pas un travail. C’est venu de façon naturelle, je n’ai pas forcément de «  mentor  ».

Céline GARDET